da "LE MONDE DE LA MER" - Maggio/Giugno 1989

NB. - Si tratta di una serie di articoli  pubblicati sulla rivista francese "Le Monde de la Mer".
Riprendono alcuni servizi foto-giornalistici già pubblicati in Italia da "Mondo Sommerso", e, opportunamente tradotti,
per la loro spettacolarità sono stati riproposti in Francia con differenti impaginazioni, e, a volte,
anche  con immagini diverse da quelle utilizzate nella versione italiana originale


D'ETRANGE COMPLICITES SOUS LA MER

VIENS CHEZ MOI, J'HABITE CHEZ UNE COPINE

La nature fourmille d'exemples de vìe communautaire entre espèces
pourtant bien différentes. Le milieu marin n'échappe pas à cette règie
et les récifs coralliens, notamment, sont riches d'associations de ce type.
 Des échanges de bons procédés au parasitisme total, les relations entre
les hôtes et leurs locataires peuvent prendre plusieurs visages.

Texte et photos Brigitte Cruickshank et Guido Picchetti

Parmi les exemples les plus originaux de symbiose tropicale, voici le crabe boxeur avec ses deux petites actinies et
le grand bénitier (Tridacna gigas) qui renferme dans ses tissus des milliers d'algues unicellulaires (zooxanthelles)


 

La barrière de corail est certainement l'un des écosystèmes marins les plus beaux et les plus complexes qui existent au monde. La densité du peuplement et la diversité des genres qui caractérisent cet environnement est extraordinaire. Mais, le plus souvent, ce qui fascine le chercheur ou le biologiste marin pas-sionné qui plonge en Australie ou aux Maldives, c'est l'observation des relations qui lient les différents organismes du récif entre eux. Par sa nature même la barrière de corail favorise d'étonnantes associations, y compris entre organismes de genres différents.

On a mis en évidence depuis quelques années, que différents groupes d'animaux qui, dans les eaux tempérées, mènent une vie libre et indépendante (asym-biotique, diraient les scientifiques) ten-dent, dans les  communautés    coralliennes,      vers

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un comportement fortement  symbio-tique, c'est-à-dire lié à la vie d'au-tres organismes.

Arrêtons-nous un instant sur le concepì moderne de symbiose, concept qui, après une période de confusion, au niveau des spécialistes eux-mèmes (qui utilisaient surtout ce terme pour indiquer un type particulier de relations entre différents organismes) a récemment regagné la signification plus generale que lui avait donne, en 1879, le naturaliste français De Bary, en accord avec son étymologie grecque qui signifie vivre ensemble.

Aujourd'hui, en effet, on englobe sous le terme de symbiose toutes les formes d'associations qui lient, avec des modalités et des finalités plus ou moins diverses, certains organismes appar-tenant à  des espèces différentes.  Il peut

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 s'agir d'associations «mutuaIistes» dans lesquelles, en règle generale, un des partenaires a un rôle actif, tandis que l'autre -l'hôte - a un rôle passif.

Le parasitisme, par contre, est une forme d'association  symbiotique  de type  « non mutualiste », dans lequel l'un des associés vit aux dépens de celui qui l'abrite. Plus ou moins poussé, le parasitisme regroupe les organismes les plus fortement spécialisés que !'on connaisse. Ces organismes, dans certains cas, sont réduits aux seuls appareils digestif et reproducteur, complètement en-globés par le corps de l'hôte. Vers, crustacés et mollusques sont les groupes d'animaux qui
comptent, au sein de la barrière coralliènne, de nombreuses espèces parasites, hautement intéressantes mais pas toujours faciles à reconnaìtre pendant une plongée.


Les grandes anémones tropicales regorgent d'un nombre varie de locataires dont les plus célèbres sont, bien entendu, les fameux poissons clowns. (Ci-dessus, un Dascyllus trimaculatus). Ceux-ci acquièrent leur immunité en se frottant régulièrement aux tentacules urticants. La petite crevette Periclimenes brevicarpalis qui se cache parmi les bras empoisonnés des actinies est un parfait exemple de commensalisme. Elle grapille en effet sa nourriture parmi celle destinée a son hôte.
 


Plus nombreuses et variées, et aussi plus facilement reconnaissables, sont les formes non parasites d'associations symbiotiques, classées par les spécialistes en fonction du degré d'interaction des organismes entre eux. Si la finalité du premier partenaire est de recevoir la protection du second, il se positionne en tant que simple locataire. Les poissons pilotes qui voyagent devant les gros requins, les petits maquereaux qui vivent parmi les filaments urticants des méduses, les poissons clowns, qui se cachent entre les tentacules des anémones de mer en sont quelques exemples.

Une évolution de ce type de symbiose conduit certains organismes à trouver refuge dans l'habitat nature! d'autres espèces. C'est notamment le cas de nombreux crabes, mollusques et petits poissons du genre Gobius qui occupent très souvent les tubes creusés dans le sable ou la vase par la plupart des vers marins. Parfois, ce refuge se transforme en moyen de transport lorsque l'hôte, mobile, héberge des espèces fixées (sessiles).

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Les exemples les plus courants dans ce domaine sont les crustacés du genre Balanus vivant sur les grands cétacés et les carapaces des tortues marines ou les actinies fixées sur le bernard-l'hermite. Lorsque le support n'est pas mobile, le phénomène prend le nom d'épizoisme.
Le commensalisme regroupe, en théorie, les associations qui n'appartiennent ni au type parasitaire, ni au type mutualiste. Dans ce cas, la nourriture disponible au sein de la communauté est partagée entre ses membres ou volée à l'un ou à l'autre sans agressivité particulière.

En réalité, aucune des formes sym-biotiques non parasitaires n'est exclusive d'autres. Au contraire, on en retrouve généralement plus d'une en même temps dans la même communauté. Le commensalisme est, par exemple, présent dans une grande partie des autres formes d'associations entre les espèces animales. Les petits crabes, qui trouvent habituellement refuge dans les tanières des vers, se nourissent du mucus de leur hôte de même que ces petites crevettes vivant a l'intérieur de certains gros   bivalves   et   qui   s'alimentent  du  plan-

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cton  aspiré  par le siphon inhalant dumollusque qui les accueille. La symbiose mutualiste reste toutefois l'unique forme d'association dans laquelle les deux partenaires reçoivent des avantages réciproques de leur union.

Dans la barrière corallienne les gros tridacnés offrent un extraordinaire exemple de ce type de symbiose. La superbe coloration de leur tissu animai, mise en évidence lorsque le coquillage ouvre ses valves, est due à la présence d'une quantité exceptionnelle de zooxanthelles. Ces algues unicellulaires symbiotiques, grâce a leur photosynthèse, facilitent le métabolisme de l'animal en favorisant l'oxygénation de ses tissus.

 


On trouve aussi de nombreux exemples d'associations symbiotiques parmi les échinodermes. Le plus souvent, il s'agit de minuscules crevettes qui y trouvent le gite et le couvert. Ci-dessus, une Periclimenes soror à proximité d'un des canaux radiaux d'une étoile de mer du genre Culcita. Celle-ci est plus communément connue sous le nom d'étoile en coussin à cause de son aspect particulier de forme ovoïde, (ci-contre).
 

Parmi les nombreux autres exemples de symbioses que l'on peut découvrir parmi les habitants des récifs corralliens, il y a celui d'un petit crabe appelé «crabe boxeur». Il s'agit d'un magnifique crustacé tropical du genre Lybia, lequel possedè un système unique pour attraper sa nourriture. Sur la première paire de membres antérieurs, opportunément modifiés, il transporte deux petites actinies qu'il agite comme des balais lorsqu'il se promène sur le fond. Les déchets et les micro-organismes qui s'y fixent alors sont, par la suite, récupérés et ingurgités. Le fait amusant est que, s'il est dérangé, et nous en avons fait l'expérience lorsque nous cherchions à le photographier, il utilise ses actinies comme des gants de boxe pour chasser les intrus.

Sans aucun doute, l'exemple le plus connu de symbiose typique des fonds coralliens est celui des poissons clowns. On en connaît  a  l'heure  actuelle  27  spécimens

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vivant avec 13 espèces différentes d'actinies mais ce n'est que récemment qu'on a découvert les mécanismes de leur immunité. C'est le mucus même de l'actinie qui évite aux cellules urticantes de décharger leur poison sur les poissons clowns qui, par des frottements répétés entre les tentacules, se recouvrent de ce même mucus. Les locataires sont ainsi reconnus par l'actinie comme une partie integrante de leur organisme. En échange de la protection que l'actinie lui offre, le clown nettoie son hôte de ses parties de tissu mort, de ses éventuels parasites, du mucus en surplus et des déchets variés qui constitueraient une gêne parmi les tentacules. Mais selon certains obser-vateurs, et nous l'avons nous-même remarqué, il porterait aussi des petites quantités de nourriture à l'actinie en les déposant entre ses bras. Un seul couple de poissons clowns adultes d'un genre determiné vit généralement au sein d'une actinie mais il est possible de trouver plusieurs espèces sur le même animal.  La

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femelle dépose entre 200 a 300 oeufs, mais c'est le mâle qui, après les avoir fer-tilisés, les soigne en faisant circuler l'eau autour d'eux et en les prenant de temps en temps dans la bouche pour les couvrir de mucus et les immuniser ainsi contre l'actinie. Après une semaine les oeufs éclosent et les larves restent deux semaines dans le plancton puis elles commencent à chercher une actinie pour les accueillir. Si l'actinie choisie se révèle déjà occupée par des clowns adultes, les jeunes s'en vont, à moins que cette dernière ne soit suffisamment grande pour les accueillir tous. Dans ce cas il arrive que les derniers arrivés ne grandissent pas et restent de petite taille. En cas de mort de ces adultes, les petits individus recomencent à grandir de façon régulière: il s'agit là d'un astucieux mécanisme de régularisation naturelle pour prevenir la surexploitation de l'ac-tinie tout en assurant, en même temps, la survie de l'espèce symbiote.


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copyright Guido Picchetti - 11/4/2009