NB. - Si tratta di una serie di articoli
pubblicati sulla rivista francese "Le Monde de la Mer".
Riprendono alcuni servizi foto-giornalistici già pubblicati in Italia da "Mondo
Sommerso", e, opportunamente tradotti,
per la loro spettacolarità sono stati riproposti in Francia con differenti
impaginazioni, e, a volte,
anche con immagini diverse da quelle utilizzate nella versione italiana
originale
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VIENS CHEZ MOI, J'HABITE CHEZ UNE COPINE
La nature fourmille d'exemples
de vìe communautaire entre espèces Texte et photos Brigitte Cruickshank et Guido Picchetti |
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Parmi les exemples les plus originaux de
symbiose tropicale, voici le crabe boxeur avec ses deux petites actinies et
le
grand bénitier (Tridacna gigas) qui renferme dans ses tissus des milliers d'algues
unicellulaires (zooxanthelles)
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La barrière de corail est certainement l'un des écosystèmes marins les plus beaux et les plus complexes qui existent au monde. La densité du peuplement et la diversité des genres qui caractérisent cet environnement est extraordinaire. Mais, le plus souvent, ce qui fascine le chercheur ou le biologiste marin pas-sionné qui plonge en Australie ou aux Maldives, c'est l'observation des relations qui lient les différents organismes du récif entre eux. Par sa nature même la barrière de corail favorise d'étonnantes associations, y compris entre organismes de genres différents. On a mis en évidence depuis quelques années, que différents groupes d'animaux qui, dans les eaux tempérées, mènent une vie libre et indépendante (asym-biotique, diraient les scientifiques) ten-dent, dans les communautés coralliennes, vers |
un comportement fortement symbio-tique, c'est-à-dire lié à la vie d'au-tres organismes. Arrêtons-nous un instant sur le concepì moderne de symbiose, concept qui, après une période de confusion, au niveau des spécialistes eux-mèmes (qui utilisaient surtout ce terme pour indiquer un type particulier de relations entre différents organismes) a récemment regagné la signification plus generale que lui avait donne, en 1879, le naturaliste français De Bary, en accord avec son étymologie grecque qui signifie vivre ensemble. Aujourd'hui, en effet, on englobe sous le terme de symbiose toutes les formes d'associations qui lient, avec des modalités et des finalités plus ou moins diverses, certains organismes appar-tenant à des espèces différentes. Il peut |
s'agir d'associations «mutuaIistes» dans lesquelles, en règle generale, un des partenaires a un rôle actif, tandis que l'autre -l'hôte - a un rôle passif. Le parasitisme, par contre, est une
forme d'association symbiotique de type « non mutualiste
», dans lequel l'un des associés vit aux dépens de celui qui l'abrite. Plus ou moins poussé, le parasitisme
regroupe les organismes les plus fortement spécialisés que !'on connaisse.
Ces organismes, dans certains cas, sont réduits aux seuls appareils
digestif et reproducteur, complètement en-globés par le corps de l'hôte.
Vers, crustacés et mollusques sont les groupes d'animaux qui |
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Une évolution de ce type de symbiose conduit certains organismes à trouver refuge dans l'habitat nature! d'autres espèces. C'est notamment le cas de nombreux crabes, mollusques et petits poissons du genre Gobius qui occupent très souvent les tubes creusés dans le sable ou la vase par la plupart des vers marins. Parfois, ce refuge se transforme en moyen de transport lorsque l'hôte, mobile, héberge des espèces fixées (sessiles). |
En réalité, aucune des formes sym-biotiques non parasitaires n'est exclusive d'autres. Au contraire, on en retrouve généralement plus d'une en même temps dans la même communauté. Le commensalisme est, par exemple, présent dans une grande partie des autres formes d'associations entre les espèces animales. Les petits crabes, qui trouvent habituellement refuge dans les tanières des vers, se nourissent du mucus de leur hôte de même que ces petites crevettes vivant a l'intérieur de certains gros bivalves et qui s'alimentent du plan- |
Dans la barrière corallienne les gros tridacnés offrent un extraordinaire exemple de ce type de symbiose. La superbe coloration de leur tissu animai, mise en évidence lorsque le coquillage ouvre ses valves, est due à la présence d'une quantité exceptionnelle de zooxanthelles. Ces algues unicellulaires symbiotiques, grâce a leur photosynthèse, facilitent le métabolisme de l'animal en favorisant l'oxygénation de ses tissus. |
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Parmi les nombreux autres exemples de symbioses que l'on peut découvrir parmi les habitants des récifs corralliens, il y a celui d'un petit crabe appelé «crabe boxeur». Il s'agit d'un magnifique crustacé tropical du genre Lybia, lequel possedè un système unique pour attraper sa nourriture. Sur la première paire de membres antérieurs, opportunément modifiés, il transporte deux petites actinies qu'il agite comme des balais lorsqu'il se promène sur le fond. Les déchets et les micro-organismes qui s'y fixent alors sont, par la suite, récupérés et ingurgités. Le fait amusant est que, s'il est dérangé, et nous en avons fait l'expérience lorsque nous cherchions à le photographier, il utilise ses actinies comme des gants de boxe pour chasser les intrus. Sans aucun doute, l'exemple le plus connu de symbiose typique des fonds coralliens est celui des poissons clowns. On en connaît a l'heure actuelle 27 spécimens |
vivant avec 13 espèces différentes d'actinies mais ce n'est que récemment qu'on a découvert les mécanismes de leur immunité. C'est le mucus même de l'actinie qui évite aux cellules urticantes de décharger leur poison sur les poissons clowns qui, par des frottements répétés entre les tentacules, se recouvrent de ce même mucus. Les locataires sont ainsi reconnus par l'actinie comme une partie integrante de leur organisme. En échange de la protection que l'actinie lui offre, le clown nettoie son hôte de ses parties de tissu mort, de ses éventuels parasites, du mucus en surplus et des déchets variés qui constitueraient une gêne parmi les tentacules. Mais selon certains obser-vateurs, et nous l'avons nous-même remarqué, il porterait aussi des petites quantités de nourriture à l'actinie en les déposant entre ses bras. Un seul couple de poissons clowns adultes d'un genre determiné vit généralement au sein d'une actinie mais il est possible de trouver plusieurs espèces sur le même animal. La |
femelle dépose entre 200 a 300 oeufs, mais c'est le mâle qui, après les avoir fer-tilisés, les soigne en faisant circuler l'eau autour d'eux et en les prenant de temps en temps dans la bouche pour les couvrir de mucus et les immuniser ainsi contre l'actinie. Après une semaine les oeufs éclosent et les larves restent deux semaines dans le plancton puis elles commencent à chercher une actinie pour les accueillir. Si l'actinie choisie se révèle déjà occupée par des clowns adultes, les jeunes s'en vont, à moins que cette dernière ne soit suffisamment grande pour les accueillir tous. Dans ce cas il arrive que les derniers arrivés ne grandissent pas et restent de petite taille. En cas de mort de ces adultes, les petits individus recomencent à grandir de façon régulière: il s'agit là d'un astucieux mécanisme de régularisation naturelle pour prevenir la surexploitation de l'ac-tinie tout en assurant, en même temps, la survie de l'espèce symbiote. |
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copyright Guido Picchetti - 11/4/2009