da "LE MONDE DE LA MER" - Marzo/Aprile 1989

NB. - Si tratta di una serie di articoli  pubblicati sulla rivista francese "Le Monde de la Mer".
Riprendono alcuni servizi foto-giornalistici già pubblicati in Italia da "Mondo Sommerso", e, opportunamente tradotti,
per la loro spettacolarità sono stati riproposti in Francia con differenti impaginazioni, e, a volte,
anche  con immagini diverse da quelle utilizzate nella versione italiana originale


L'ETRANGE UNIVERS DES COMATULES

LE BAL DES CRINOÏDES

Dans son exubérance, le monde corallien n'est pas fait que de mantas,
de requins ou de mérous multicolores. Il recèle aussi quantité de
merveilles, certes moins spectaculaires mais tout aussi captivantes,
comme ces véritables «clubs» très fermés que constituent les comatules
et la foule de leurs petits locataires, vivant dans une parfaite symbiose.
Guido Picchetti et Brigitte Cruickshank ont découvert
ces petites communautés passionantes.

UNE GEOMETRIE FOLLE,
FOLLE, FOLLE...!


L'architecture tumultueuse des
grandes comatules permet a l'animal
de brasser un grand volume d'eau
jusqu 'a une bouche dont la symétrie
à 5 axes rappelle que les crìnoïdes appartiennent au groupe des échinodermes. (Ci-dessus).
A l'abri de ces bras multiples
aux ramifications tenta-culaires,
les petits vers discoïdes de la
famille des mizostomides pratiquent
avec réussite l'art du camouflage.
(Ci-dessus et a droite).

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Sur les fonds coralliens et, notamment, sur les récifs, d'innombrables formes de vies se développent en sortes de communautés et forment autant de petits mondes symbiotiques qui constituent une des caractéristiques du milieu tropical. Des poissons aux éponges, des coraux aux tuniciers, des mollusques aux échinodermes, il n'est pas un seul groupe animal qui n'ait ses propres exemples d'associatións vivant en symbiose. Le cas des crinoïdes est particulier. Par leurs formes et leurs couleurs, ces animaux comptent parmi les plus beaux représentants de la vie fixée des mers tropicales. En Méditerranée, il n'en existe qu'une seule variété : l'Antedon mediterranea, remarquable a ses dix bras.

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Le monde corallien, en revanche, regroupe de nombreuses espèces de crinoïdes, comme on peut s'en rendre compte le soir, lorsqu'elles sortent de leurs abris pour déployer en pleine eau leurs légers panaches. La plus belle de toutes est sans conteste la comatule. C'est aussi celle qui, par sa constitution a la fois complexe et très complète, attire le plus grand nombre de petits organismes marins, venus chercher protection au milieu de ses bras. Comme les autres crinoïdes, la comatule n'a pas d'ennemis. Aucun prédateur tropical ne s'intéresse à elle. Une bonne raison suppléméntaire pour qu'elle joue ce rôle de refuge que la nature lui a dévolu.

Du  point  de vue alimentaire,  le  rapport

DANS UN PANACHE DE COULEURS SOMPTUEUSES

C'est pendant la nuit que les
crinoïdes déploient leurs
grands bras a la recherche
de nourriture. Les deux
espèces tropicales ci-dessus,
laissent apparaître un
panache de couleurs finement
dessinées. Cette autre
révèle la présence de petites
crevettes dont le mimétisme avec
la robe de leur bôte est surprenant.
La femelle plus grande que
le mâle ne mesure que sept à
huit millimètres.

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entre les crinoïdes et leurs locataires est largement facilité par le mode même de nutrition des crinoïdes. Ces derniers, au moyen de leurs longs bras déployés, happent de petites particules de nourriture qui sont véhiculées jusqu'à la bouche grâce aux minuscules pieds ambulacraires dont chaque bras est recouvert. Les organismes hébergés n'ont qu'à attendre et... se servir au passage, un peu comme dans un self service, avant que la nourriture ne rejoigne la bouche. Les observations effectuées permettent d'estimer que les crinoïdes ne semblent pas incommodés par ces « pique-assiettes », même s'ils sont nombreux. Au cours d'une expédition aux Maldives, sur l'île de Asdu,  nous avons trouvé  une magnifique

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comatule qui était occupée par pas moins de seize autres petits animaux : vers, ophiures, crustacés etc... sans compter tous ceux qui ont échappé a nos observations. Mieux encore : le chercheur Leon P.Zann, auteur d'un merveilleux ouvrage : « Vivre ensemble sous la mer », indique avoir rencontré dans une seule et même comatule trois douzaines de vers appartenant a deux espèces différentes, un gros annelidé, une douzaine de petits copépodes, deux espèces de crevettes, un jeune crabe, et trois petits poissons ! A ces espèces visibles, il convient d'ajouter toutes celles contenues dans les intestins du crïnoide : protozoaires, micro organismes etc... Les locataires les plus intéressants    de  ces   étranges  commu-

DANS L'ENTRELACS DES CRINIERES ENDIABLEES

De nombreuses espèces fréquentent
le club des crinoïdes
parmi lesquelles des ophìures
(page de droite), des
galathées (ci-dessus) et de petits crustacés tropicaux du
genre Synalpheus. (Photo du haut).
La fernelle, reconnais-
sable à la couleur orangée des oeufs
qu 'elle porte, cache en partie
le mâle dont seule l'enorme pince blanchâtre capable d'émettre un claquement puissant
apparait.

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nautés sont les crabes. Les plus grands d'entre eux appartiennent a la famille des Synalpheus, dont la femelle, plus grande que le mâle et reconnaissable à sa carapace transparente où sont visibles les oeufs, peut atteindre les trois centimètres de long. Ce cràbe est en outre remarquable à la différence de taille de ses deux pinces.Moins visibles que les Synalpheus, dont la livrèe monochrome tranche avec la couleur du crinoïde, voici les petites galathées et les minuscules crevettes << Pontonides ». Ces deux animaux ont dest coloris très proches de ceux du crinoïde qui les héberge, arrivant ainsi à un remarquable stade de mimétisme. Les mizostomides, quant a eux, ressemblent  à  de petites soucoupes

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volantes, dont la couleur est proche de celle du crinoïde, mais avec des motifs personnalisés différenciant nettement chacun des individus réunis. Les ophiures, elles, sont de couleur très contrastée par rapport a celle du crinoïde. Sans soucis de camouflage, elles insinuent leurs bras flexibles dans ceux de leur hôte, pour y trouver leur nourriture.
Les poissons symbiotiques de crinoïdes sont des Lepadichtys. lls possèdent une ventouse ventrale, avec laquelle ils se fixent aux bras de leur organisme porteur, devenant ainsi particulièrement difficiles à déceler... et à photographier !

Texte et photos
Brigitte Cruickshank et Guido Picchetti


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copyright Guido Picchetti - 10/4/2009